Comment devenir permaculteur ?

27/09/2018

Dans le cadre de reconversions professionnelles, de plus en plus de citadins se tournent vers la nature pour devenir permaculteurs et pratiquer un mode alternatif de jardinage et de maraichage. De quoi s’agit-il et comment réussissent-ils à en vivre ?

Comment devenir permaculteur ?

Qu’est-ce que la permaculture ?  

Le concept de permaculture existe depuis plus de trente ans. Il a été inventé par deux Australiens, qui souhaitaient développer des systèmes agricoles pérennes, face à l’agriculture industrielle, qui, selon eux, appauvrit les sols et menace la biodiversité. Ensemble, ils écrivent un livre « Perma-Culture 1, une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes tailles » et popularisent le concept dans le monde entier. Celui-ci séduit largement, car il a pour objectif de réconcilier l’homme et la nature, dans une approche globale et éthique. Il s’agit de prendre à la fois soin de la terre, des hommes et d’en partager le fruit équitablement.

Le keyhole, un trou dans la serrure

Il n’est pas forcément nécessaire de vivre à la campagne pour devenir permaculteur. En ville aussi, dans les jardins partagés ou les jardins municipaux, de plus en plus de jardiniers se lancent dans la permaculture en construisant des keyholes, ces jardins fermés en forme de trou de serrure. Le principe ? Aménager un espace en hauteur, d’environ 60 cm, délimité par un muret de planches, à l’intérieur duquel on pourra circuler pour cultiver les légumes et les plantes. Renseignez-vous dans votre ville ou votre quartier pour savoir si un tel projet existe, ou contactez l’association Les incroyables comestibles, qui référence les initiatives de végétalisation citoyenne.

Une exploitation permacole, cela ressemble à quoi ? 

Le principe fondateur de la permaculture repose dans le rapprochement de l’homme et de la nature. Pour cela, l’apprenti permaculteur doit produire un projet de son jardin ou de son exploitation agricole, le design. Il s’agit d’aménager le plus harmonieusement possible l’espace destiné à être cultivé, en tenant compte des atouts et des contraintes de la topographie, afin de dépenser le moins de ressources possibles : moins d’arrosage en choisissant des espèces peu gourmandes en eau et compatibles entre elles, moins de gaspillage puisque tout est recyclé pour fabriquer des semences ou du compost, moins de temps et d’effort pour entretenir les cultures grâce à la culture en butte, qui évite de se pencher. Résultat : on produit davantage que dans le jardinage traditionnel, tout en ayant le temps de profiter des fruits de son jardin ! 

Est-ce rentable ? 

Dans beaucoup de jardins ou d’exploitations agricoles, les surfaces exploitées en permaculture visent en priorité l’autoconsommation familiale. Certaines fermes produisent des paniers de légumes pour plusieurs familles. Cependant, de nombreuses expériences, comme à la ferme du Bec Hellouin, dans l’Eure, ou au Jardin de Mouscron, en Belgique, montrent qu’il est possible de vivre de la permaculture. Une étude de l’Inra estime que 1000 mètres carrés cultivés en permaculture permettent de créer une activité à temps pour un maraîcher bio. Ceux-ci doivent alors suivre, par exemple, un cours de conception en permaculture de 72 heures à l’Université populaire de permaculture pour intégrer le réseau permacole français.