Et si on luttait contre l'obsolescence programmée ?

15/01/2021

Pour éviter de les remplacer ou de les jeter trop vite, il est possible d’entretenir et de réparer soi-même ses appareils ménagers ou multimédia. Seul ou en groupe, à distance ou dans des repair cafés, lutter à son échelle contre l’obsolescence programmée, c’est possible !

Et si on luttait contre l'obsolescence programmée ?

Un indice de réparabilité sur l’étiquette

C’est nouveau ! La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire, publiée le 10 février 2020, prévoit l'indication d'un indice de réparabilité sur certains produits électriques comme les machines à laver, les ordinateurs portables, les smartphones ou certaines télévisions.

Depuis le 1er janvier 2021, tous les vendeurs de ce type d'équipements, y compris les vendeurs en ligne, doivent indiquer l’indice de réparabilité sur l’étiquette du produit ou à proximité de son prix. Chaque produit est noté sur 10, la note la plus basse indiquant que le produit n’est pas réparable, la note la plus haute signifiant qu’il peut être entièrement réparé et que les pièces détachées nécessaires pour cela sont disponibles. L’objectif est d’atteindre 60 % de taux de réparation des produits électriques et électroniques d’ici à 5 ans. 

Des pièces détachées plus faciles à trouver 

Le prix des pièces détachées nécessaires au bon fonctionnement du produit entre dans le calcul de l’indice de réparabilité. En magasin ou en ligne, vous saurez, lors de l’achat, si les pièces détachées sont disponibles sous 15 jours ouvrables. Le revendeur ou le fabricant peuvent vous proposer des pièces détachées neuves ou des pièces détachées issues de l’économie circulaire. Vous pouvez également essayer de les trouver en ligne, par exemple sur un site spécialisé. Utile pour favoriser le réemploi !

Dès l’achat, soyez vigilant, en privilégiant des produits fiables et robustes, réparables ou, au moins, démontables en cas de panne. C’est parfois un peu plus cher à l’achat, mais plus économique sur le long terme. En faisant le bon choix, vous économisez aussi des ressources pour la planète et réalisez un geste écoresponsable.

 

Comment réparer un objet ou un appareil ?

Premier réflexe : lire le mode d’emploi ! Les étapes de réparation des pannes les plus courantes sont souvent indiquées dans le mode d’emploi ou dans la notice d’utilisation de l'appareil. Certes, il faut s’équiper d’une loupe et d’un peu de patience, mais cela vaut la peine…

Pour diagnostiquer la panne, utilisez le simulateur en ligne du site http://www.longuevieauxobjets.gouv.fr/, qui permet de répondre à toutes vos questions sous la forme d’un chat.

Si votre tournevis résiste ou que la réparation dépasse vos compétences en bricolage, confiez votre appareil à un réparateur labellisé. Équipements électriques et électroniques, habillement, mobilier et décoration, équipements de sport et de loisirs, outils de jardinage ou de bricolage ou bijouterie-horlogerie, il existe près de 126 000 entreprises de réparation en France, selon l’Ademe, l'agence de la transition écologique, dont 46 000 hors automobile. Lorsque vous faites appel à un réparateur, ayez le réflexe de demander d’abord un devis, pour savoir dans quoi vous vous engagez.

Il existe des annuaires de la réparation, comme celui, par exemple, du réseau des Répar’Acteurs, soutenu par l’Ademe. Les réparateurs de votre ville sont faciles à retrouver : un logo est généralement apposé sur leur vitrine. N’hésitez pas non plus à solliciter la Chambre des Métiers et de l’Artisanat de votre département ou de votre région.

Pour réduire le coût de la réparation, les filières les plus polluantes participent financièrement à un fonds de réparation. Seuls certains produits du tabac, notamment ceux équipés de filtres plastique, sont concernés pour l’instant. Mais, dès 2022, les fabricants et revendeurs de jouets, d’articles de sport et de loisirs, de bricolage, de jardinage, de véhicules à moteur, ainsi que les entreprises du bâtiment contribueront à financer la fin de vie de leurs produits.

 

Le saviez-vous ?

La plupart des appareils sont sous garantie pendant les deux ans qui suivent l’achat, le revendeur doit donc vous envoyer un réparateur ou vous remplacer l’appareil en cas de panne.

 Passez à l’action, devenez votre propre réparateur !

Si vous avez l’âme bricoleuse, réparez vous-même vos objets. Il existe de nombreux tutoriels en ligne, qui vous permettent d’apprendre à remplacer un joint, à remettre en état de marche une connexion électrique, à renouveler une pièce détachée… 50 % des Français ont déjà réparé eux-mêmes un appareil électroménager, le plus souvent grâce à des tutoriels ou vidéos visionnés sur Internet ou grâce aux conseils de sites spécialisés. Et 9 Français sur 10 sont satisfaits de l’autoréparation effectuée… Faites comme eux !

Si, comme 47 % de ces autoréparateurs, vous préférez réparer en couple, en famille ou entre amis, pourquoi ne pas participer à des ateliers de réparation, tels que ceux organisés par des associations ou par votre ville comme les Repair Cafés ? Pour savoir où trouver le Repair Café le plus proche, connectez-vous au site de l’association www.repaircafe.org/fr

Donnez une seconde vie à votre appareil ! 

Enfin, si l’histoire entre vous et votre objet est définitivement terminée, confiez-le à l’une des 155 ressourceries du Réseau national des ressourceries, où un personnel qualifié et formé lui donnera une seconde vie. Il y en a forcément une près de chez vous ! Rénové et réparé, votre objet pourra peut-être être revendu à petit prix et bénéficier à une association ou à une personne aux revenus modestes.