Le Carillon : des Noëls solidaires pour changer de regard sur les sans-abris

28/11/2019

La Cloche est une association créée pour changer le regard des habitants sur les personnes sans domicile. Laura Gruarin, sa co-directrice, anime Le Carillon, un partenariat entre l’association et les commerçants solidaires. A l'approche de Noël, CASDEN MAG l'a rencontrée.

Le Carillon : des Noëls solidaires pour changer de regard sur les sans-abris

Comment est né Le Carillon ? 

L’association La Cloche a été créée à Paris en 2014 par Louis-Xavier Leca, en réaction à l’augmentation du nombre de SDF dans les villes. En rencontrant les commerçants et les sans-abris de son quartier, le 11earrondissement, il s’est aperçu du poids du regard des autres et de l’isolement des sans domicile, qui accroît ce sentiment de rejet.

Il a alors lancé Le Carillon : un réseau de commerçants solidaires. Le premier fut Charly, un poissonnier de la rue Oberkampf, en décembre 2015. Quatre ans après, nous comptons 1 100 commerçants partenaires dans huit grandes villes de France. Nous allons développer un système de franchise sociale dans une dizaine de villes, en commençant par Saint-Nazaire et Laval, avec une convention de franchise gratuite.

Quel est l’objectif du Carillon ?  

Les commerçants partenaires du Carillon acceptent de donner aux personnes à la rue accès à des petits services du quotidien, comme recharger son portable, boire un verre d’eau, aller aux toilettes… Ce sont aussi des prétextes au lien social. En discutant avec le commerçant, la personne retrouve de la dignité, elle est considérée comme un habitant du quartier à part entière.

Les habitants qui le souhaitent, adhérents ou non du Carillon, peuvent aussi prépayer des produits chez les commerçants partenaires. Ces produits (baguette, café, coupe de cheveux, croquettes pour chien…) sont proposés par le commerçant à un tarif solidaire.  Enfin, il existe un système de bons qu’on peut acheter et donner directement aux sans domicile.

Comment ça marche ? 

Tout est co-construit avec les sans-domiciles, qui sont eux-mêmes bénévoles et nous aident à démarcher les commerçants et à diffuser l’information en tant qu’ambassadeurs. Ils peuvent aussi participer aux événements de l’association, comme un repas partagé, un karaoké, une partie de pétanque ou une scène ouverte, avec les habitants. L’objectif est de changer le regard que l’on porte sur eux.

A Noël, comment se décline cette solidarité ?  

Cette année, nous organisons huit Noël solidaires. Il s’agira d’une soirée ou d’un après-midi festif organisé par les bénévoles et les sans-domicile. On prévoit la récupération d’invendus pour cuisiner, la distribution de bons et de cadeaux, des dons par des habitants du quartier… et bien sûr de la musique avec une scène ouverte. Nous essayons de créer un moment le plus qualitatif possible, parce que ce n’est pas parce que l’on est à la rue que l’on n’a pas le droit de fêter Noël.

Quelles sont les autres initiatives de La Cloche ?

Nous avons créé Les Clochettes, un ensemble d’initiatives urbaines inclusives. Par exemple, nous faisons le lien entre les personnes sans abri du quartier et les activités déjà existantes, comme les jardins partagés. Nous cuisinons une soupe à partir des légumes invendus, que nous offrons aux habitants du quartier. Nous avons aussi lancé La Cloche à biscuits, une biscuiterie d’insertion à Paris. Huit personnes, bénéficiant du dispositif Premières heures de la Mairie de Paris, préparent les biscuits et animent des ventes. En 2020, il y aura des ateliers avec des habitants du quartier. Côté culture, nous proposons un atelier « chorale » dans trois villes, un atelier théâtre à Paris, une web radio diffusée les premiers mardis du mois à Paris - et bientôt dans trois nouvelles villes-  et enfin une gazette papier.

 

Pour en savoir plus :

https://www.lacloche.org