Mangeons mieux : le bien-être animal en question

01/06/2018

Les professionnels de l’élevage, du transport, du commerce et de l’abattage se préoccupent-ils, au quotidien, de la santé et du confort des animaux ? Qu’est-ce que le bien-être animal ? Peut-on définir un statut juridique de l’animal ?

Mangeons mieux : le bien-être animal en question

Respect de la réglementation : un préalable indispensable 

Le bien-être animal est défini dans la loi du 10 juillet 1976, relative à la Protection de la nature comme suit : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce ». Depuis le 17 février 2015, l’animal est officiellement reconnu dans le Code civil comme « un être vivant doué de sensibilité ».

Au quotidien, les professionnels de l’élevage, du transport, du commerce et de l’abattage se préoccupent de plus en plus de la santé et du confort des animaux. Ils mettent en pratique la notion de bientraitance animale, qui a été formalisée dans le respect des réglementations française et européenne. En France, c’est l'Anses qui promeut la santé des animaux et veille au respect de la réglementation et à l’élaboration de normes de zootechnie, relayée au niveau mondial par l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

Les professionnels respectent-ils les principes de la bientraitance animale ? 

Les pratiques de bientraitance envers l’animal sont régies par cinq principes, les « Five freedoms » reconnus au niveau international par le Conseil de l’Europe et l’OIE. Ces principes visent à s’assurer que les animaux sont préservés de la soif, de la faim et de la malnutrition ; qu’ils disposent d’un confort approprié ; qu’il ne subissent pas de  douleur, de blessures et de maladies et qu’ils ne soient pas soumis à la peur et à des situations de stress. Ces bonnes pratiques recommandent également de veiller à ce que les animaux puissent avoir des comportements considérés comme normaux pour l’espèce, comme l’exploration, les interactions sociales, le grégarisme… en leur fournissant un espace suffisant, des installations adéquates et la compagnie d’animaux de la même espèce. Par exemple, pour les poules pondeuses, disposer d’un perchoir, pour les oies et les canards, d’être hébergés dans des parcs collectifs, pour les porcs et les truies, de vivre sur une litière de paille…

Peut-on aller plus loin et s’orienter vers le bien-être animal ?

Le bien-être animal fait l’objet d’un vaste débat éthique au sein de la société. Alors qu’il s’agit d’une notion difficile à évaluer, certaines associations de défense des animaux, comme la Fondation Brigitte Bardot ou la Fondation 30 millions d’amis souhaiteraient aller plus loin en offrant aux animaux des conditions de vie et de fin de vie plus dignes.

La réglementation européenne en matière d’élevage est déjà l’une des plus strictes au monde. Elle a ainsi imposé de nouvelles normes aux bâtiments d’élevage permettant aux animaux de disposer de plus d’espace, mais aussi d’un confort accru en termes de lumière ou de ventilation. Le personnel doit aussi être formé à la bientraitance animale et respecter des bonnes pratiques. Cette réglementation devrait cependant s’appliquer dans le monde entier, ce qui est loin d’être le cas et produit une distorsion de concurrence, souvent dénoncée dans le cadre des accords de libre-échange. Le débat est aussi très vif sur les conditions d’abattage, ce qui conduit certains consommateurs à réduire ou à se détourner de la consommation de viande. Rappelons que l’étourdissement de l’animal avant la saignée est obligatoire. Cette étape, qui rend l’animal inconscient, est la condition sine qua non pour qu’il ne souffre pas. Dans le cas d’un abattage rituel, sans étourdissement préalable, l’animal doit être soigneusement attaché.

Des labels pour ne pas se tromper

Vous êtes attentif aux conditions d’élevage des animaux que vous mangez ? Pour ne pas vous tromper, surveillez l’étiquette. Délivrée par l’Institut national de l’origine et de la qualité (INAO), la certification Label Rouge sur une viande garantit que le transport des animaux vers l’abattoir a duré au maximum une journée et que les chauffeurs sont formés au respect du bien-être animal. De leur côté, les labels Agriculture Biologique des abattoirs garantissent de meilleurs traitements des animaux, pendant le transport et à leur arrivée à l’abattoir. Du côté des poules pondeuses, le code indiqué sur les œufs, de 0 à 3, permettent de choisir en toute connaissance de cause. Le code 0 signifie que les œufs sont issus d’un élevage biologique où les poules ont accès à un parcours extérieur et disposent de végétation, mais aussi de nids et de perchoirs. Le code 1 indique un élevage en plein air, avec accès à un parcours extérieur. Tandis que le code 2 signifie un élevage au sol et le code 3 un élevage en cage aménagée. Le foie gras bénéficie lui aussi de nombreux labels, Label Rouge, AOP, IGP et AOC. L’élevage en plein air fait partie des pratiques traditionnelles d’élevage des canards et des oies à foie gras, dont l’aptitude naturelle à stocker de grandes quantités de graisse a donné naissance à la technique ancestrale du gavage. Depuis quelques années, la sélection génétique et l’amélioration des techniques avicoles ont permis de réduire la durée de cette phase, très contestée par certaines associations.