Mangeons mieux : les nouveaux circuits de distribution

26/09/2018

Alors que le modèle dominant de la consommation de masse et standardisé est régulièrement remis en question, de nouveaux circuits de distribution émergents rencontrent de plus en plus de succès auprès des consommateurs.

Mangeons mieux : les nouveaux circuits de distribution

La demande des consommateurs évolue 

Redonner sens, valeur et confiance à l’alimentation devient une préoccupation majeure des consommateurs, selon le Conseil social économique et environnemental (CESE), qui a rendu un avis sur les circuits de distribution des produits alimentaires en mai 2016. Le consommateur est à la recherche de qualité, de fraîcheur, mais aussi d’authenticité. Il est sensible à la fois au « juste prix » des produits alimentaires qu’il achète et à l’impact économique de sa consommation pour le producteur, et notamment pour l’agriculteur. Cette prise de conscience renforce ainsi le lien entre le producteur et le consommateur et redonne de la valeur à l’alimentation. En privilégiant une production locale et de qualité, le consommateur tient également compte de la saisonnalité, de la qualité des produits et de la réduction de la distance entre le champ et son assiette.

La Ruche qui dit oui

La Ruche Qui Dit Oui est une entreprise sociale et solidaire qui permet aux consommateurs de commander, grâce à une plateforme sur Internet, des produits agricoles en direct auprès de producteurs cultivant en moyenne dans un rayon de 50 km autour de chez eux. Il existe environ 650 ruches en France qui, sous forme de microentreprises ou d’associations, identifient les producteurs de leur choix et proposent à la vente des produits locaux. La vente s’organise par l’intermédiaire d’une boutique en ligne et les consommateurs se déplacent dans un point de vente collectif (commerce, café, restaurant…) pour venir récupérer leurs produits, chaque semaine ou tous les 15 jours. En 2016, 43 millions d’euros de vente ont été réalisées par les producteurs locaux, pour lesquels La Ruche Qui Dit Oui constitue un canal de distribution complémentaire.

L’émergence des circuits courts et de proximité 

Paniers paysans, AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), vente à la ferme ou marché de producteurs… Si elle a toujours existé, la vente de produits alimentaires en circuit court de proximité connait un essor significatif depuis une quinzaine d’années. Le circuit court désigne les circuits de vente directe ou avec un seul intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Quant au circuit de proximité, il nécessite une distance raisonnable entre le lieu de production et le lieux de consommation. Ces circuits présentent, selon l’Ademe, un fort potentiel en matière de consommation durable. En réduisant la distance entre le lieu de production et de consommation, ils diminuent l’émission de gaz à effet de serre, à condition que la logistique et les moyens de transport soit également optimisés. Ces solutions  peuvent répondre localement à une partie des besoins alimentaires de la population. Dans de nombreuses régions, des initiatives associatives, privées ou publiques soutiennent l’émergence de ces circuits et le nombre de points de vente augmente régulièrement. En 2015, on recensait 600 à 1200 marchés de producteurs, 1600 AMAP, 650 ruches (voir encadré) et 250 magasins de producteurs (Sources : Retail et Details, 2015, via Fiche proximité étude MAAF 2017). 

Le numérique transforme les circuits de distribution 

En dehors des épiceries traditionnelles présentes en centre-ville ou centre-bourg, des marchés de plein air et des magasins de producteurs, une grande partie des commandes de paniers fermiers ou d’achats directs se font via une plateforme collaborative sur Internet. La Ruche Qui Dit Oui (voir encadré ci-dessous) est l’un des premiers acteurs en France à avoir utilisé les outils numériques pour développer les circuits courts. Comme les drive fermiers, un réseau qui propose une commande sur le site avant le retrait physique du panier. De nombreux producteurs vendent aussi en direct sur Internet et expédient les commandes par la Poste. Mais la multiplication des points de livraison, en complexifiant et en diluant la logistique et augmentant le nombre de déplacements pour récupérer ses achats, peut avoir un impact négatif sur l’environnement. Il faut donc rester vigilant sur l’équilibre entre les critères de qualité, de proximité et de bilan carbone de chaque circuit de distribution alimentaire.