Mangeons mieux : lutter contre le gaspillage alimentaire

31/10/2018

La lutte contre le gaspillage alimentaire est désormais inscrite dans la loi. Consommateurs et professionnels se sont saisis de ce sujet du quotidien, en imaginant de nouvelles solutions incitant au partage et à la consommation responsable.

Mangeons mieux : lutter contre le gaspillage alimentaire

Une loi pour favoriser la lutte contre le gaspillage

Le gaspillage alimentaire, c’est à la fois une question d’environnement et de solidarité. Du côté de l’environnement, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) estime que 3 % des émissions nationales de gaz à effet de serre pourraient être évitées si on réduisait les pertes de produits alimentaires, que ce soit dans les phases de production, de transformation ou de consommation. Moins d’aliments jetés, c’est aussi moins de déchets à trier, valoriser et éliminer. Mais lutter contre le gaspillage alimentaire est aussi une manière d’être plus solidaire. Alors que chaque supermarché gâche chaque jour plus de 20 kilos de nourriture, une loi votée en février 2016 leur interdit de détruire les invendus et les encourage à les donner à des associations. Pour les magasins alimentaires de plus de 400 m2, la loi prévoit en effet l’obligation de passer une convention de don avec des associations pour la reprise des invendus alimentaires encore consommables et l’interdiction, pour les distributeurs alimentaires, de rendre impropres à la consommation des invendus encore consommables.

Comment jeter moins ?

Le site « Ça suffit le gâchis », créé par l’Ademe, propose des astuces pour ne plus gaspiller. Préparer sa liste de courses, acheter juste ce dont on a besoin, être attentif aux dates de péremption, mieux ranger son frigo et cuisiner les restes… font partie des bonnes pratiques simples à mettre en œuvre.

Un relais au plus près des habitants et des consommateurs

Les citoyens aussi peuvent agir à leur niveau. Boîte à dons, frigo solidaire, applications smartphone … Des initiatives solidaires pour lutter contre le gaspillage alimentaire se multiplient dans les villes. Ainsi, le frigo solidaire met, à l’extérieur et en libre accès, un réfrigérateur pour les produits frais dans lequel les habitants déposent tout ce qu’ils ne pourront pas consommer avant la date de péremption. À Paris, deux frigos solidaires sont disponibles dans les 12e et 18e arrondissements. Ils sont régulièrement remplis par des commerçants ou des particuliers, qui peuvent à leur tour se servir.

Gérés par des associations qui assurent l’entretien et la fourniture d’électricité, ces nouveaux modes de consommation responsable remportent un grand succès. Ils s’ajoutent aux boîtes à dons, qui accueillent des produits non périssables ou des objets, vêtements ou livres. Cet appel à la générosité et au partage existe aussi en version numérique, avec l’application Too good to go, qui propose chaque jour les invendus des commerçants de proximité à prix réduits. Une tarte à moitié prix, les croissants du petit déjeuner à prix cassé ? Il suffit de se géolocaliser et de programmer une alerte pour être informé.

Aller plus loin grâce à l’éducation et la formation

Pour changer les habitudes des consommateurs dès le plus jeune âge, de nombreuses mesures ont été prises par les collectivités et les entreprises de restauration collective, qui interviennent en milieux scolaire, universitaire et administratif. Par exemple, une astuce toute simple est recommandée par l’Ademe, distribuer le pain non pas à l’entrée du self, mais plutôt vers les caisses, ce qui permet de n’en prendre que si l’on en a vraiment besoin. Pour « réenchanter » le restaurant scolaire, le programme « Plaisir à la cantine » accompagne les personnels de restauration et la communauté éducative afin de rendre plus attractive et variée l’offre alimentaire.

Chaque année le 16 octobre, le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation participe à la journée nationale de lutte contre le gaspillage alimentaire, qui a pour objectif de réduire de 50 % le gaspillage sur l’ensemble de la chaîne alimentaire à l’horizon 2025.

Enfin, pour sensibiliser le grand public, un Mooc consacré au gaspillage alimentaire a été produit sur l’initiative d’AgroParisTech. Gratuit, ce cours de six semaines vise à initier des changements de comportements.

  

Retrouvez d'autres applications pour lutter contre le gaspillage alimentaire dans notre article Quand le web devient solidaire contre le gaspillage alimentaire sur CASDEN MAG.