Mieux manger dans la restauration collective, est-ce possible ?

26/09/2018

Introduire 50 % d’alimentation de qualité, dont 20 % de bio, dans la restauration collective, est-ce possible ? Oui, répondent les associations engagées de longue date dans une amélioration de la qualité des repas servis dans les cantines et autres restaurants collectifs. Une obligation qui pourrait bientôt figurer dans la loi et que certaines collectivités territoriales pionnières ont déjà dépassée.

Mieux manger dans la restauration collective, est-ce possible ?

Un enjeu : augmenter la part du bio et des circuits courts   

De plus en plus demandé par les consommateurs, le bio est une tendance économique, sociale et sociétale qui ne se dément pas, avec une progression de 17 % du marché des produits alimentaires bio en un an selon les chiffres de l’Agence bio. Sur les 8,3 milliards d’euros de consommation de produits bio relevés en France en 2017, seuls 452 millions d’euros sont consommés en dehors du foyer, au restaurant ou en restauration collective. Un chiffre qui devrait augmenter avec l’objectif de 50 % d’alimentation de qualité, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique dans la restauration collective d’ici 2022. Cet objectif est actuellement en discussion dans le cadre du projet de loi pour l'équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine et durable. L'objectif constitue un véritable défi pour les collectivités et les établissements publics qui devront être accompagnés afin de faire évoluer en profondeur leurs pratiques.

Favoriser l’approvisionnement de proximité 

Le choix de nombreuses municipalités de proposer à leurs administrés des produits locaux de qualité, en bio ou en conventionnel, conduit à une modification des comportements des acheteurs en collectivité. Le réseau Restau’Co, qui regroupe l’ensemble des associations de la restauration collective en gestion directe, a créé il y a deux ans avec la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH), la garantie Mon Restau Responsable ®. Deux ans après son déploiement, le réseau compte déjà 400 restaurants collectifs engagés, dont 300 depuis le 1er janvier 2018 ! Restaurants scolaires, universitaires, administratifs, d’entreprise, du milieu hospitalier, des EPAHD, de l’accueil spécialisé... tous sont concernés. La FNH et Restau’Co espèrent atteindre les 1 000 restaurants collectifs d’ici 2020.

Ainsi, en Anjou, à l’occasion de dernière la journée mondiale pour l’environnement, de nombreux restaurants collectifs, comme ceux des collèges du département de Maine-et-Loire, se sont engagés dans une démarche volontariste pour conjuguer quantité et qualité, valoriser les produits locaux et contre le gaspillage alimentaire. L’Association des Maires de France, qui soutient cette initiative, a également publié une charte d’engagement et un cahier des charges « clés en main » à destination des collectivités territoriales souhaitant privilégier les productions de proximité sans porter atteinte au code européen. Ce guide pour encourager l’approvisionnement local vise aussi à faire évoluer les pratiques et les mentalités. En plein débat sur le projet de loi, les élus locaux continuent en effet à s’interroger sur les moyens de relever ce défi, qui est à la fois logistique et financier.

Certaines collectivités montrent déjà l’exemple

À Epinay-sur-Seine, dans la région parisienne, les menus font la part belle aux produits bio (30 %) et durables (55 %), pour le plus grand bonheur des jeunes scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires de la ville. Epinay-sur-Seine fait en effet partie d’Un Plus Bio, le premier réseau national des cantines bio. Cette association est née en 2002 pour favoriser l’introduction d’une alimentation biologique et durable en restauration collective. Le club des territoires Un Plus Bio rassemble une cinquantaine de collectivités sur un bassin de plus de 10 millions d’habitants. En 2017, ce club a publié un Observatoire de la restauration collective bio et durable, établi sur les données de 76 collectivités et mis en place avec Ecocert. Selon ses conclusions, un repas à 20 % de bio ne coûte pas plus cher qu’un repas conventionnel ; plus de bio n’entraîne pas une dérive du budget des collectivités et l’augmentation du bio ne repose pas sur des importations. Un exemple à suivre ?

 

 

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