Réguler les nouvelles mobilités, est-ce possible ?

23/04/2019

Vélos ou trottinettes partagées se multiplient dans les grandes villes. Sans borne, ces nouveaux outils de mobilité envahissent l’espace public et sont parfois dénoncés comme dangereux. Certaines villes commencent à vouloir les réguler…

Réguler les nouvelles mobilités, est-ce possible ?

Vélos ou trottinettes sans borne 

Après les vélos, ce sont les trottinettes sans borne qui font leur apparition sur l’espace public. À l’instar des véhicules électriques qui n’ont pas besoin d’être raccordés à une borne d’alimentation électrique dans la journée, ce système d’auto-partage ou de vélo-partage est appelé « free floating ». Une flotte de véhicules nomades, sans station d’attache, qui répond aux nouveaux besoins de mobilité exprimé dans les grandes villes et les métropoles. Jeunes actifs, lycéens ou étudiants, familles et même seniors se sont vite emparés de ces engins ludiques, que l’on peut emprunter en téléchargeant une application sur son smartphone.

Partager les usages de l’espace public 

Mais cette tendance ne fait pas que des heureux. Déposés chaque matin sur les trottoirs, au coin des rues et des places, par des employés qui les ont récupérés la veille pour les recharger, ces vélos et trottinettes entravent souvent les déplacements des passants, familles avec poussettes ou personnes à mobilité réduite. Utilisés comme moyen de transport, ils sont parfois en concurrence sur les pistes cyclables avec les vélos des particuliers, quand ils n’empruntent pas carrément les trottoirs. Si pour les usagers, ces nouveaux moyens de transport ne sont pas sans danger (les hospitalisations pour fracture ou commotion cérébrale ont augmenté) ils sont aussi sources de désagrément pour les opérateurs, qui subissent le vandalisme et le vol. Mais ces nouvelles pratiques ont aussi des vertus, puisque l’Ademe estime que l’offre partagée a incité les jeunes à se mettre au vélo. En effet, 40 % des utilisateurs de ces nouveaux moyens de transport n’utilisaient jamais de vélo, personnel ou en location, auparavant.

Les villes souhaitent réguler ces nouvelles mobilités 

Comme Paris, qui vient d’annoncer qu’elle percevra désormais une redevance d’occupation commerciale de l’espace public de 20 euros par vélo et de 50 euros par trottinette électrique auprès de tous les opérateurs de « free-floating », de nombreuses villes cherchent la parade à ce nouvel encombrement des voies publiques. Dans la capitale, une charte de bonne conduite des vélos en libre-service a déjà été déployée il y a quelques mois, pour mieux réguler ces usages. Dans les autres grandes villes, les politiques sont diverses, comme le rapporte le Club des villes cyclables. À Angers, les vélos Pony Bikes sont en stationnement libre, tandis qu’à Lyon, une charte de bonne conduite a été adoptée avec les opérateurs. La prochaine Loi d’orientation des mobilités et le Plan national vélo, permettront sans doute de clarifier et d’harmoniser les pratiques de ces nouveaux acteurs de la mobilité.