Viande, faut-il en manger moins ?

15/01/2019

Est-il vraiment utile et meilleur pour la santé de diminuer sa consommation de viande ? Si oui, de quelle viande ? Tour d’horizon des raisons pour lesquelles il faut – ou ne faut pas – manger moins de viande.

Viande, faut-il en manger moins ?

Combien de viande dans votre assiette ?

La viande fait partie des aliments que le Programme National Nutrition Santé (PNSS) recommande de consommer une ou deux fois par jour, en alternance avec le poisson et les œufs. La portion recommandée pour un adulte est d’environ 100 à 150 grammes par jour, à répartir sur un ou deux repas. Dans tous les cas, la quantité doit être inférieure à celle de l’accompagnement, composé à part égale de légumes et de féculents. Le PNSS recommande également de privilégier la variété des espèces. N’hésitez donc pas à varier les plaisirs, en alternant viandes rouges (bœuf, agneau…), viandes blanches (porc, veau…), volaille et lapin, et en choisissant les morceaux les moins gras, comme l’escalope, la bavette ou le filet. 

Lundi vert, l’appel de 500 personnalités à s’abstenir de viande le lundi

Le 2 janvier 2019, près de 500 personnalités ont lancé dans le journal Le Monde un appel à diminuer collectivement la consommation de chair animale en France. Ils s’engagent à titre personnel à remplacer chaque lundi la viande et le poisson dans leur assiette par des végétaux en avançant qu’une journée sans viande aide à lutter contre le changement climatique.

Quels risques pour la santé ? 

De manière générale, il est conseillé de limiter la quantité de viande pour réduire son risque d’exposition aux maladies cardio-vasculaires, en raison de la présence d’acides gras saturés. Pour prévenir le cancer colorectal, le Fonds mondial de recherche contre le cancer préconise également de limiter la consommation de viande, hors volaille, à moins de 500 grammes par semaine. Selon l’enquête Comportements et consommations alimentaires en France (CCAF) réalisée en 2016 par le CREDOC, les Français consomment en moyenne 320 grammes de viande par semaine, soit moins que la limite maximale conseillée. Sources de protéines facilement assimilées par l’organisme, selon les nutritionnistes, les produits animaux apportent aussi de la vitamine B12 et du fer sous sa forme héminique. Certaines catégories de population doivent consommer de la viande pour rester en bonne santé : les femmes, pour lutter contre les carences en fer, les enfants et les adolescents pour doper leur croissance, les seniors et les sportifs pour conserver et entretenir leur masse musculaire.  

Végétarien, végétalien ou « flexitarien » ? 

Les adeptes des régimes végétarien ou végétalien compensent l’absence partielle ou totale de produits animaux dans leur alimentation par d’autres sources de protéines, de fer et de vitamines, et augmentent leur apport en fibres issus des légumes et des céréales complètes. Légumes verts, légumineuses et céréales doivent donc être consommées chaque jour pour que l’organisme reconstitue ces apports en protéines. Ceux qui ont déjà réduit leur consommation de viande se retrouvent sous le vocable de « flexitarien », un nouveau régime issu du végétarisme. En revanche, si ces régimes sont mal équilibrés, le risque de carence en fer s’accroît, car le fer contenu dans les légumes est 4 à 5 fois moins bien absorbé par l’organisme. En cas de suppression totale des produits animaux, des carences en vitamine B12 peuvent aussi apparaître, nécessitant une supplémentation délivrée par le médecin ou le pharmacien.

Quel impact de l’élevage sur l’environnement ? 

La viande, en particulier la viande rouge issue des ruminants, a une empreinte carbone relativement élevée par rapport aux autres aliments, ce qui a contribué à désigner l’élevage comme ayant un fort impact sur l’environnement. L’élevage herbivore pratiqué en France contribue pour 8 % au changement climatique, en raison de l’émission de méthane par les animaux et de l’ensemble du gaz à effet de serre produit par les activités d’élevage, de transport ou d’abattage. Cependant, le tiers de ces émissions est compensé par le stockage d’une importante réserve de carbone dans les sols, du fait des 13 millions d’hectares de prairies sur lesquelles paissent ces animaux au quotidien. Chaque hectare de prairie utilisée par les vaches, les moutons, les chevaux et les chèvres, stocke en effet 760 kilos de carbone. Sur le plan économique, l’élevage et la production de produits animaux, comme le lait ou les œufs, contribuent aussi à entretenir les paysages et à maintenir l’emploi et l’activité dans les territoires ruraux ou montagneux.