Zéro déchet, est-ce possible ?

02/10/2019

La réduction à la source est la solution d’avenir pour réduire le volume de nos déchets et limiter le recours au recyclage ou au retraitement. Est-il possible de supprimer complètement ses déchets pour devenir une famille ou un quartier zéro déchet ? Certains ont relevé le défi…

Zéro déchet, est-ce possible ?

Relevez le défi du zéro déchet !

Réduire, voire supprimer complètement ses déchets, c’est possible ! Certaines familles ou certains quartiers se sont déjà lancés dans la démarche en supprimant les emballages superflus, en privilégiant le lavable et le réutilisable ou en achetant leurs produits en vrac. Vous aussi, dans votre rue ou votre quartier, proposez à vos voisins et amis de relever le défi zéro déchet. Ces défis, soutenus par les collectivités et des associations comme Zéro Waste France, permettent de réduire d’au moins 10 % en trois mois le contenu des déchets jetés par chaque famille… et souvent de beaucoup plus ! A Roubaix, ville pionnière en 2014, chacun des foyers qui s’est engagé dans cette démarche économise 1 000 euros par an.

Dans certaines villes, on réfléchit même à la création de rues zéro déchet, en fédérant habitants, commerçants et entreprises autour du tri, de la valorisation et du réemploi des déchets. A Paris, la rue de Paradis dans le 10e arrondissement, s’est lancée dans cette expérimentation. Six mois après son lancement, la rue a déjà réduit de 16 % ses ordures ménagères et amélioré le tri, en dépassant l’objectif fixé de 7 % par le programme national de prévention des déchets 2014-2020.

La cuisine sans déchets, ou presque… 

Les déchets organiques, ou biodéchets, représentent un tiers du contenu de notre poubelle. Faute de filière organisée de gestion de ces biodéchets, qui sera obligatoire à partir de 2025 dans les collectivités territoriales, les biodéchets finissent le plus souvent dans la poubelle verte et ne sont donc pas valorisés. Si ce gaspillage vous agace, il y a deux façons d’y remédier. Sans changer vos habitudes alimentaires, il suffit de stocker dans un petit bac dédié à cet usage les déchets organiques et de le verser dans un composteur. Si vous n’avez pas de jardin ni de cour, ou que votre immeuble n’est pas équipé d’un composteur, rejoignez l’un des composts de quartier qui commencent à se créer sous la houlette de collectifs de riverains et d’acteurs associatifs. Une fois le compost arrivé à maturité, vous pourrez l’utiliser pour enrichir la terre de votre jardin ou de vos jardinières.

Autre solution, apprendre à cuisiner zéro déchet, en utilisant aussi les épluchures de fruits et de légumes, les fanes de carottes ou de radis. Avant de faire vos courses au marché ou chez le primeur, muni(e) de votre cabas ou de votre caddie, faites une liste des menus que vous envisagez pour la semaine. Ainsi, vous achèterez uniquement ce dont vous avez besoin et ne jetterez plus rien. Enfin, la nouvelle tendance du « batch cooking » permet de cuisiner en une seule fois (il suffit de 2 heures le dimanche, par exemple) pour toute la semaine. Epluchez, émincez, précuisez et conservez le tout dans des boites au réfrigérateur. Ainsi, plus de gaspillage et vous ferez même des économies…

Fini le jetable, pensez réutilisable ! 

Couches pour bébé, serviettes hygiéniques, cotons et lingettes démaquillantes, film alimentaire en plastique, pourquoi jeter, alors que l’on peut laver et réutiliser ? Les protections hygiéniques, par exemple, représentent 45 milliards de déchets par an et mettent 500 ans à se dégrader. Or, chaque femme utilisera pendant sa vie entre 10 000 et 15 000 protections menstruelles, selon Group’Hygiène, l’organisme professionnel qui représente les fabricants de ces protections périodiques. C’est pourquoi de plus en plus de boutiques bio et éthiques, ou leur équivalent sur Internet, proposent des serviettes hygiéniques lavables, en matière naturelle. Les jeunes parents aussi peuvent participer à la démarche zéro déchet, en adoptant pour leur bébé des couches lavables ou en troquant les lingettes jetables par des lingettes lavables. En plus, celles-ci sont souvent très jolies, car confectionnées avec des tissus colorés. Après usage, il suffit de les glisser dans le lave-linge avec le reste du linge de la maison. Et dans la cuisine, fuyez le film alimentaire étirable ou le papier aluminium pour protéger et emballer vos restes avec des couvercles en silicone lavable ou des feuilles de papier d’emballage à la cire d’abeille, lavables et réutilisables.

Enfin, pour vos courses, laissez tomber les sacs plastiques pour les fruits et légumes mais aussi les produits "sur-emballés". Privilégiez les ventes en vrac et apportez vos propres récipients réutilisables : si les enseignes bio ont été pionnières dans la vente en vrac, les enseignes de la grande distribution commencent également à s'y mettre. La vente en vrac se diversifie et ne se limite plus aux traditionnelles céréales et fruits secs. Aujourd'hui, il est possible d'acheter en vrac de la viande, du fromage, de l'huile d'olive, du vin, des produits d'entretien comme la lessive, des produits de beauté... 
De nombreuses initiatives existent pour développer le retour à la consigne et limiter les déchets d'emballage plastique ou en verre. Par exemple, le site de courses en ligne Loop qui propose de livrer à domicile des produits de grande marque dans des récipients réutilisables et recyclables moyennant une consigne. La mesure visant à appliquer une consigne sur les bouteilles plastiques et figurant dans le projet de loi économie circulaire a, quant à elle, été rejetée en septembre par le Sénat.