Enceintes et objets connectés : des espions dans la maison ?

05/12/2018

8 % des achats de Noël seront commandés cette année par le biais d’un assistant vocal, selon une étude Opinionway. Est-ce à dire que les enceintes et autres objets connectés ont déjà pris le pouvoir dans nos maisons ? À l’heure où de plus en plus de ces produits vont grossir la hotte du Père Noël, c’est l’occasion de faire le point sur les atouts et les risques de ces nouveaux objets.

Enceintes et objets connectés : des espions dans la maison ?

Un assistant vocal intelligent  

Une enceinte connectée est un dispositif équipé d’un haut-parleur et d’un micro qui intègre un assistant vocal. Celui-ci est dit intelligent, car il utilise l’intelligence artificielle pour recueillir votre besoin, le transmettre à un serveur et y répondre. Votre demande précise doit être formulée oralement, après avoir « réveillé » l’enceinte avec une expression clé, qui varie selon les marques. Vous pouvez demander à votre assistant vocal de nombreux renseignements, comme la météo, le programme de cinéma ou de télévision, les informations du jour. Votre assistant vocal peut également effectuer la réservation d’un taxi, trouver une recette de cuisine ou rechercher un titre au sein votre abonnement de streaming musical… Si votre domicile est équipé d’un système de domotique, il peut aussi servir d’assistant domestique  et par exemple allumer la lumière, augmenter le chauffage, fermer les volets, ouvrir la porte du garage… 

Un espion dans la maison ? 

Si l’assistant vocal ne s’active que lorsque vous prononcez l’expression clé, il reste en veille en permanence et peut, selon la Cnil (la Commission nationale informatique et libertés), être susceptible d’enregistrer vos conversations, y compris celles de vos enfants ou de vos amis. De plus, la plupart de ces enceintes envoient votre demande dans le cloud, en se connectant aux serveurs de la marque, qui stocke l’historique de vos requêtes transcrites et en version audio, ainsi que toutes les données associées à vos demandes, comme l’heure, la date ou le nom du compte qui s’est connecté. L’Arcep, (l’autorité de régulation des communications électroniques), s’inquiète d’ailleurs du fait qu’aucune législation ne contrôle l’activité de ces opérateurs. Il faut donc être conscient du fait que vos demandes ainsi agrégées contribuent à enrichir votre profil publicitaire. Enfin, toutes les données que vous confiez à un assistant connecté peuvent faire l’objet de malveillance, si elles sont détournées à des fins d’escroquerie ou de harcèlement.

Comment préserver sa vie privée ? 

Vous pouvez accéder au tableau de bord de l’application de votre assistant vocal ou de votre enceinte connectée pour supprimer l’historique des conservations, visualiser les questions que vous avez posées et personnaliser l’outil comme vous le souhaitez. Il est par exemple possible d’indiquer vos sources de prédilection pour la recherche d’informations. Pour préserver la confidentialité de vos conversations privées, restez vigilant lorsque vous êtes présents dans la pièce où se situe l’appareil et n’hésitez pas à l’éteindre ou à couper le micro, en appuyant sur le bouton « Stop », lorsque vous ne souhaitez pas être écouté. Faites de même lorsque vos enfants jouent afin qu’ils ne soient pas, eux aussi, la cible d’écoutes ou de publicités intempestives. 

Enfants : jouets et montres connectés 

Même s’ils n’utilisent pas votre assistant vocal, les enfants sont de plus en plus concernés par les objets connectés ou l’Internet des objets. Certains jouets - poupées, peluches, robots, montres connectées ou consoles électroniques -, utilisent Internet pour transmettre les informations générées par l’enfant lorsqu’il joue, avertit la Cnil. Certains de ces jouets sont également contrôlables par l’intermédiaire de l’ordinateur ou du smartphone des parents, qui peuvent s’y connecter pour voir les interactions entre l’enfant et le jouet. Il est donc important de faire prendre conscience à votre enfant que tout ce qu’il confie à son jouet peut être diffusé à un tiers.