« Ce qui me plaît le plus, c’est de participer au fonctionnement d’un musée. »

01/06/2018

Caroline Bocquet est attachée de la Ville de Paris. Après une première expérience à la direction des finances et des achats de la capitale, elle a été détachée à Bercy, puis auprès du ministère de la Culture pour seconder le chef du service financier du Musée national des Arts asiatiques - Guimet.

« Ce qui me plaît le plus, c’est de participer au fonctionnement d’un musée. »

Comment êtes-vous devenue fonctionnaire ? 

Après une classe préparatoire littéraire, j’ai intégré le master Affaires publiques de Sciences Po Paris dans une filière culture qui destinait aux différents métiers des administrations culturelles publiques. Je souhaitais conjuguer mon goût pour la culture avec des missions d’administration et de service public. Je me suis vite rendu compte qu’il était utile de passer des concours administratifs pour avoir davantage de débouchés. À la fin du Master, j’ai donc fait une année supplémentaire de préparation aux concours et j’ai été reçue en 2014 au concours d’attaché d’administrations parisiennes. J’ai rejoint la direction des Finances de la ville, sur un portefeuille culturel, en charge du suivi des crédits et de la tutelle budgétaire de la direction des Affaires culturelles et de l’établissement public Paris Musées. J’y suis restée un an et demi. La direction des Finances est une direction stimulante et mon poste me permettait d’avoir un regard général sur l’ensemble de la politique culturelle parisienne.

Après cette première expérience, comment a évolué votre parcours professionnel ? 

Je suis entrée ensuite au bureau des Finances et politiques de l’Union européenne à la direction du Budget du ministère de l’Économie et des finances. Mon poste consistait à prévoir et suivre la contribution que la France verse à l’Union européenne et à assurer le suivi budgétaire des dépenses administratives des institutions européennes. J’avais des échanges fréquents avec mes homologues des pays contributeurs nets au budget européen. Cela m’intéressait de connaître de l’intérieur ces sujets européens, mais au bout de deux ans, j’ai eu envie de retourner vers le secteur culturel et notamment de travailler en établissement public. J’ai donc postulé dans différentes structures culturelles et j’ai obtenu en octobre 2017 un poste au service financier du Musée national des arts asiatiques - Guimet, comme adjointe du chef de service.

Concrètement, en quoi consiste votre métier ?

Ma première mission est d’assister le chef de service dans la préparation du budget de l’établissement, dont j’assure le suivi de l’exécution grâce à des tableaux de bords. Il peut s’agir aussi de prévoir un budget rectificatif ou de préparer les documents réglementaires pour le conseil d’administration ou les tutelles. Ma deuxième mission vise à mettre en place le contrôle interne budgétaire de l’établissement public. Comme tout établissement public, le musée Guimet a l’obligation de faire approuver par son conseil d’administration une cartographie des risques et un plan d’action.

Quelles sont les difficultés de votre fonction ? 

Le musée Guimet est un musée de taille moyenne en termes de budget, mais il fait partie des grands musées en termes de collection. Avec 60 000 œuvres environ, c’est la première collection d’art asiatique en Europe. Le musée est très dynamique et a une politique ambitieuse avec de nombreuses expositions et l’organisation d’événements, comme des spectacles ou des projections de films, pour attirer un nouveau public. Cette activité mobilise beaucoup les équipes, alors qu’il y a une tension sur les effectifs, contraints par le plafond d’emploi défini par le ministère de la Culture. La charge de travail est importante dans les fonctions supports, comme le service financier, où nous devons assurer simultanément plusieurs missions.

Qu’aimez-vous particulièrement dans votre métier ?

Ce qui me plaît le plus, c’est de participer au fonctionnement d’un musée. Mon poste me permet aussi d’avoir une vision assez large des missions et des services du musée, à condition de ne pas se laisser enfermer dans la seule logique budgétaire, et de rester impliquée dans la vie et les projets de l’établissement. C’est en rencontrant et en échangeant avec le service des expositions et avec les conservateurs et conservatrices que l’on comprend mieux les contraintes du montage d’une exposition, par exemple…