Portraits croisés : Antoine et Vendelin

04/11/2019

Antoine Scortatore a 24 ans, il est sergent-chef dans l’armée de l’air à Mérignac, près de Bordeaux. Vendelin Clicques a 40 ans, il est officier sapeur-pompier professionnel en région parisienne. Leur point commun ? Ce sont deux fonctionnaires qui s’engagent pour une cause qui leur tient à cœur et se servent des réseaux sociaux pour promouvoir leurs actions.

Portraits croisés : Antoine et Vendelin

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager dans la lutte contre le cancer ?

Antoine Scortatore : Au retour d’une mission en Afrique, on m’a annoncé que j’étais atteint d’un cancer affectant mon système immunitaire. J’étais en pleine préparation du Marathon de la Rochelle, auquel je devais participer deux jours plus tard avec l’objectif de passer sous les 3 heures. Les médecins m’ont conseillé d’y renoncer ou d’y aller doucement. Je n’avais alors aucune idée de ce qui allait m’attendre avec le traitement. Mentalement, c’était dur mais j’avais aussi la rage de vaincre, et mes proches m’entouraient. Je voulais continuer à vivre de ma passion donc j’y suis quand même allé, et j’ai franchi la ligne d’arrivée après 2 heures et 59 minutes ! Ensuite, j’ai commencé mes séances de chimiothérapie et de radiothérapie mais je n’ai pas arrêté de courir. Le sport m’a aidé à traverser cette épreuve. C’est le moment où j’ai pris contact avec l’association France Lymphome Espoir, dont j’ai rejoint l’équipe sportive que je représente aujourd’hui. 

Vendelin Clicques : L’une de mes amies proches subi une double mammectomie préventive à cause d’une hérédité génétique C’est une démarche très courageuse, qui m’a beaucoup touché.
En août 2019, j’ai décidé de soutenir la lutte contre le cancer du sein et d’agir pour la prévention de nos mères, nos épouses et nos filles, en participant à des compétitions sportives et en endossant une tenue de pompier…rose ! J’ai contacté des sponsors, notamment des équipementiers, pour obtenir une tenue de feu (sur laquelle j’ai fait coudre un habillage) et un casque. J’avais envie de surprendre et d’attirer l’attention. Ce n’est pas parce que je suis un homme que je ne peux pas sensibiliser et défendre une cause essentiellement féminine. Depuis, j’ai participé à plusieurs compétitions sportives, en septembre et en octobre.

 

Quel est le défi dont vous êtes le plus fier à ce jour ?

A.S : Je pense que c’est ma victoire au Triathlon nocturne des Terres Blanches en août 2019. J’ai suivi mon traitement pendant plusieurs mois, au cours desquels j’ai continué à faire du sport et à m’entrainer. Je rêvais de gagner un triathlon. On m’a annoncé ma rémission complète le 14 mai 2019 et participer à cette course après ma guérison sous les couleurs de France Lymphome Espoir, était incroyablement symbolique. C’était un moment très fort et j’ai franchi la ligne d’arrivée en pleurs, pendant que le speaker racontait mon histoire au micro.

J’ai réalisé que beaucoup de personnes sont concernées. Chaque jour, je reçois des messages de patients ou proches de patients via mes réseaux sociaux, sur lesquels je suis très présent. Je leur dis que rien n’est impossible et que la vie ne s’arrête pas là, qu’il faut toujours garder espoir. C’est le sport qui m’a permis de tenir et, depuis ma rémission, tout me sourit ! J’ai gagné trois courses et ça ne fait que commencer. Pour rien au monde je n’échangerais ma vie d’aujourd’hui contre celle d’avant.

V.C : C’est d’abord ma première compétition en tenue de pompier rose à la Tour Montparnasse en septembre 2019 (60 étages à monter avec 25 kg d’équipements). Je ne l’ai pas menée jusqu’au bout mais j’ai adoré ce challenge et je vais le refaire. 
Ensuite, c’est la course Odyssea à Vincennes, une course à pied de 10 km pour Octobre Rose, à laquelle j’ai participé dans ma tenue en portant un grand drapeau sur lequel figurait un ruban rose. Il pleuvait, c’était difficile, mais j’ai reçu des encouragements tout au long du parcours. Au 7èmekilomètre, j’ai rencontré une femme qui courait seule. On commence à discuter et elle m’apprend qu’elle se bat contre le cancer du sein. Chez les sapeurs-pompiers, on ne laisse jamais quelqu’un derrière nous, on ne travaille jamais seul, on est toujours en binôme. Donc je lui ai dit : « on finit la course ensemble, je ne vous abandonne pas là ». On s’est encouragés mutuellement et on a franchi la ligne d’arrivée ensemble. Spontanément je l’ai prise dans mes bras et je l’ai félicitée. C’était un très beau moment !
J’apprends beaucoup de mon engagement en termes de prévention, je rencontre des personnes formidables… Et je me dis que ce que je fais a du sens.

 

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

A.S : Après l’annonce de ma rémission, le 14 mai, je me suis inscrit à un ultra trail de 120 km au Pérou, dans le désert. J’avais besoin d’un objectif ! Sinon, je compte passer sous les 2 h 50 au marathon de Barcelone, en mars 2020. Je vais également participer à un Iron Man en Europe (3,8 km de natation, 180 km de vélo et 42 km de course à pied) puis j’aimerais tenter la qualification au championnat du monde ! 

V.C : En 2020, j’envisage de participer à des compétitions de pompiers dans toute l’Europe (Londres, Hambourg, Berlin, Toulouse…). J’ai pris contact avec des associations œuvrant pour la lutte contre le cancer du sein pour être soutenu localement mais aussi pour les faire bénéficier de ma visibilité. J’aimerai aussi être le premier pompier - qui plus est en rose ! - à réaliser le défi de la montée de la Tour Eiffel, en mars 2020. Mais j’ai aussi pour ambition de créer dans un an, si possible, un groupe de pompiers roses qui j’espère, sera fortement féminin.

 

Suivez les aventures d’Antoine Scortatore et de Vendelin Clicques sur leurs comptes Instagram : @iron_toinou et @pinkfirefighter