La protection de l’environnement, première préoccupation des Français

09/06/2021

Les Français considèrent qu’ils sont les premiers, par leurs choix et leur comportement, à pouvoir agir en faveur de l’environnement, devant les collectivités territoriales et l’État. Comment cette conviction se traduit-elle en pratique, en particulier à la veille des vacances d’été

La protection de l’environnement, première préoccupation des Français

Les citoyens, premiers acteurs de l’environnement

37 % des Français considèrent que c’est d’abord aux citoyens d’agir efficacement pour préserver l’environnement, selon l’enquête Ifop effectuée en novembre 2020 pour Agir pour l’environnement. Cette préoccupation est prioritaire pour bon nombre de nos concitoyens, puisqu’elle est devant la santé et la sécurité. Au total, 8 Français sur 10 estiment que les citoyens, les collectivités territoriales et l’État sont les trois principaux acteurs devant s’impliquer dans la protection de l’environnement, la lutte contre le réchauffement climatique et la transition énergétique. Les collectivités locales sont bien plus citées par les Français que lors de la dernière vague de l’enquête, puisqu’elles progressent de 7 %, atteignant 56 % des réponses fournies.

 

Les Français prêts à modifier leurs habitudes

Face au sentiment d’urgence écologique et à la conviction pour 62 % d’entre eux que l’état de notre planète sera détérioré d’ici dix ans, les Français sont prêts à modifier leur comportement et leurs choix au quotidien. 58 % se disent même prêts à s’engager dans une association de protection de l’environnement !

Ils listent les actions concrètes qui leur permettront de lutter, à leur niveau, pour préserver la planète :

- 92 % sont prêts à renoncer aux produits sur-emballés

- 86 % veulent boycotter les produits ayant un fort impact climatique

- 85 % optent pour une alimentation biologique, locale et de saison

- 83 % souhaitent baisser de quelques degrés le chauffage

- 82 % envisagent de réduire leur consommation d’eau

- 79 % aimeraient, dans leurs déplacements du quotidien, utiliser plus souvent les transports en commun, le vélo ou la marche

- 76 % déclarent vouloir moins prendre l’avion pour les déplacements longue distance

Calculez votre empreinte carbone

2,87 tonnes de CO2, c’est l’empreinte carbone d’un vol aller-retour Paris-New York ! Soit l’équivalent des gaz à effet de serre dégagés en un an pour chauffer un petit appartement. Pour absorber les émissions de CO2 de ce vol, il faudrait planter environ 20 arbres. L’Ademe a mis au point un module de calcul précis pour calculer les émissions carbone de votre trajet et connaître le nombre d’arbres à planter nécessaires à l’absorption du volume de CO2. Ce dispositif de compensation carbone est proposé par les compagnies aériennes ou par des associations non gouvernementales comme Goodplanet.

 

Voyager en réduisant son empreinte carbone 

Le nombre de Français qui indiquent être prêts à moins utiliser l’avion pour leurs voyages a bondi de 5 % en un an. Ce sont en particulier les jeunes qui estiment que cette décision pourrait avoir un impact fort sur l’environnement. Alors que les vols européens et internationaux reprennent à l’approche des vacances d’été, beaucoup d’entre eux s’interrogent sur la meilleure manière de gagner leur lieu de villégiature.

La honte de prendre l’avion se développe

Né en Suède, le phénomène de « flygskam » ou « flightshame », c’est-à-dire la honte de prendre l’avion, se répand en Europe comme aux États-Unis. La pandémie et l’arrêt brutal des vols internationaux n’ont fait qu’accentuer ce phénomène, alors que les cadres se sont aperçus qu’une visio-conférence pouvait remplacer un aller-retour pour signer un contrat à New York. Quand on sait qu’aux États-Unis par exemple, les voyages d’affaires représentent à eux seuls environ 30 % du trafic aérien, on imagine l’impact que pourrait avoir cette évolution des mentalités.

Ce sont les pays scandinaves qui sont les plus avancés sur ce sujet. Au Danemark, les journalistes du quotidien Politiken ont renoncé aux vols intérieurs et tentent de réduire au minimum indispensable le nombre de vols internationaux. Ils incitent leurs lecteurs à choisir des destinations accessibles par d’autres moyens de transport. En Suède, un manifeste de ceux qui préfèrent rester au sol a été relayé dans le cadre de l’initiative « Flygfritt » (« Sans avion »). En France, le succès du guide de voyage Slow train fait écho à cette tendance.

Le retour des trains de nuit

Le mieux, c’est encore de préférer le train ! Selon l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maitrise de l’énergie), le train pollue 8 fois moins que la voiture et 14 fois moins que l’avion (et le TGV 3 fois moins qu’un train classique) par personne et par kilomètre. En France, le réseau ferroviaire est dense et de nombreuses régions, comme la Bretagne, proposent des offres de séjours « sans voiture », avec des services complémentaires pour pallier l’absence de véhicule personnel (kit bébé, pass mobilité, kit frigo plein…).

Enfin, le grand retour des trains de nuit est annoncé, pour desservir les régions françaises les plus éloignées ou les principales villes européennes. Le Paris-Nice a été relancé en mai et la réouverture du Paris-Tarbes est prévue pour fin 2021. Elles s’ajoutent aux deux lignes toujours en activité, Paris-Latour-de-Carol, allant jusqu’à la frontière espagnole et Paris-Briançon, qui dessert les Hautes-Alpes, actuellement en travaux. En Europe, d’autres lignes de nuit sont annoncées en complément de l’actuel Paris-Venise, comme un Vienne-Munich-Paris dès décembre 2021, Berlin-Bruxelles et Berlin-Paris en 2023, ainsi qu’un Zurich-Barcelone en 2024.