L'exode urbain, un phénomène post-Covid ?

04/11/2021

Dans le contexte post-Covid, de nombreux Français aspirent à partir vivre dans des villes moyennes, avec une meilleure qualité de vie, dont la notion de « ville du quart d’heure » est l’un des critères : une ville dans laquelle on trouverait à proximité de chez soi tous les services essentiels.

L'exode urbain, un phénomène post-Covid ?

L’exode urbain, un phénomène accéléré par le Covid 

La crise du Covid a été un révélateur et un accélérateur de tendances qui étaient déjà sous-jacentes.

On constate une aspiration globale des salariés à retourner au bureau, pour revoir ses collègues et renouer avec un collectif, tout en préservant un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle grâce au télétravail, désormais possible de manière plus pérenne.

Pourtant, pour de nombreux citadins, et particulièrement dans les grandes villes, la crise sanitaire a été le déclencheur de l’envie d’une meilleure qualité de vie, loin des métropoles où les temps de trajet sont chronophages, le coût du logement trop élevé et la pollution trop présente. Cette prise de conscience a généré un double mouvement, vers la campagne ou les zones rurales, d’une part, avec un changement d’activité ou une reconversion professionnelle ; vers les villes moyennes, d’autre part, éloignées juste ce qu’il faut des métropoles pour pouvoir envisager un aller-retour professionnel dans la journée, mais avec un gain d’espace vital non négligeable.

 

L’essor des villes moyennes  

La crise sanitaire annonce en effet la revanche des villes moyennes, désormais plébiscitées par les urbains aspirant à une meilleure qualité de vie. Cet afflux de citadins doit permettre de transformer de façon pérenne les centres-villes en lieux de vie ouverts et dynamiques. Le regain d’attractivité des villes moyennes observé l’an dernier en pleine crise sanitaire ne se dément pas. Après un an et demi de crise sanitaire, grâce à la dynamique lancée par le programme Action Cœur de ville, mais aussi grâce à la dynamique lancée par les maires, l’attractivité des villes moyennes continue de se renforcer. 

87 % des Français disent préférer vivre dans une ville moyenne plutôt que dans une métropole selon la troisième édition du baromètre des territoires, réalisé par l’Ifop à la demande de Villes de France, de la Banque des Territoires et de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT). 88 % des habitants des grandes agglomérations estiment en effet que la qualité de vie est meilleure dans les villes moyennes. Elles incarnent un idéal et représentent pour beaucoup de citadins des métropoles la perspective de vivre dans une ville plus humaine, proche de la nature, et offrant des activités diversifiées.

Les villes moyennes sont cependant à la recherche d’un modèle de développement et d’une nouvelle attractivité, à la différence des métropoles régionales qui attirent entreprises, salariés et étudiants. De nombreuses villes françaises ont entrepris une revitalisation de leurs centres-villes dans le cadre du plan Action cœur de ville qui a débloqué une aide de 5 milliards d’euros sur cinq ans pour aider 222 centres-villes en difficulté. D’autres mesures visent aussi à assurer la pérennité du petit commerce dans les territoires.

 

La ville du quart d’heure, une théorie de la proximité 

La ville du quart d'heure repose sur l’idée que l'on puisse trouver près de chez soi tout ce qui est essentiel à la vie : faire des courses, travailler, se divertir, se cultiver, pratiquer son sport favori, se soigner… à 15 minutes à pied ou à 5 minutes à vélo. Une vision qui va à l’encontre de la ville fragmentée, où de nombreuses activités nécessitent des déplacements en voiture ou en transports en commun. Plusieurs métropoles françaises, telles que Rennes, Bordeaux ou Paris s’inspirent de ce concept pour créer une nouvelle façon de vivre en ville et de favoriser le bien être des habitants. Une tendance facilitée, entre autres, par l’accélération de la reprise du commerce de proximité (+ 30 %, contre + 3 % pour les hypermarchés selon les panelistes de la distribution) et l’essor du le circuit court, synonyme de transparence et de qualité.